Facebook va vérifier et limiter la diffusion des infox se rapportant au processus de vote Pour protéger les élections US des ingérences électorales

En septembre dernier, les responsables des géants technologiques américains des réseaux sociaux et d’Internet à savoir Facebook, Twitter et Google ont été convoqués par les deux chambres du Congrès US. Cette audition visait à prendre connaissance des avancées réalisées en matière de cybersécurité et de lutte contre les fausses informations par chacun de ces acteurs afin de limiter les risques liés à la survenue d’éventuelles nouvelles ingérences étrangères dans le processus électoral du pays.

Au cours de cette audition, Facebook et Twitter ont défendu les initiatives engagées par leur groupe respectif afin de limiter les risques liés à la survenue d’éventuelles nouvelles ingérences étrangères dans le processus électoral américain, sachant qu’ils n’avaient pas été suffisamment prompts à réagir après la supposée ingérence russe, lors de la campagne électorale américaine de 2016. Les plaidoyers des représentants des deux entreprises n’avaient cependant pas réussi à satisfaire les attentes des élus américains.

C’est dans ce contexte que le géant Facebook a récemment annoncé la mise en place d’un certain nombre de mesures qui visent à protéger les élections américaines de mi-mandat du mois prochain contre les Fake News (ou informations fallacieuses ou infox comme la commission d’enrichissement de la langue française l’a suggéré). Pour ce faire, la firme de Menlo Park a pris la décision de vérifier la véracité des rapports au sujet des violences ou des longues files d’attente dans les bureaux de vote en amont et de bloquer la diffusion des infox relatives aux exigences en matière de vote.

Cette annonce survient environ six semaines après que le sénateur Ron Wyden ait demandé à Sheryl Sandberg, directeur d’exploitation de la société, comment Facebook pourrait combattre la diffusion d’infox susceptibles de porter atteinte au bon déroulement du scrutin, prenant l’exemple de canulars pouvant être utilisé pour réduire la participation.

« Nous ne pensons pas que nous devrions supprimer de Facebook les éléments partagés par des personnes authentiques s’ils ne violent pas ces normes communautaires, même s’ils sont faux », a déclaré Tessa Lyons, chef de produit pour la fonctionnalité News Feed de Facebook.

Les liens vers des rapports démoralisants ou susceptibles de semer la confusion en rapport l’activité des bureaux de vote (chiffres gonflés ou trompeurs) seront renvoyés à des vérificateurs de faits en vertu de la nouvelle politique du réseau social américain. S’ils sont jugés faux, ces rapports ne seront pas supprimés. Leur diffusion devrait, cependant, être limitée afin qu’ils ne puissent être vus que par un nombre restreint de cibles à travers le réseau d’amis de l’auteur de la publication fallacieuse.

L’efficacité de cette approche peut malgré tout être mise à rude épreuve si les vérificateurs de faits de l’entreprise sont débordés et incapables de traiter tous les canulars. Certains critiques estiment par ailleurs que de telles mesures pourraient rendre Facebook plus enclin à la manipulation par les utilisateurs cherchant à influer sur les masses en ligne.

Signalons également que Facebook a adopté une position intermédiaire concernant le problème de l’authenticité des comptes personnels : la firme de Menlo Park peut utiliser l’activité automatisée qu’elle détecte pour désactiver les pages de propagande, mais elle n’a pas besoin d’un numéro de téléphone ou d’autres preuves d’identité de l’utilisateur pour l’ouverture d’un compte. En outre, le groupe vérifie les acheteurs d’annonces politiques pour trouver une preuve de résidence nationale et conserve des archives publiques indiquant qui a acheté quoi.

Il y a quelques mois, les cadres supérieurs de Facebook ont brièvement débattu de l’interdiction de toutes les publicités politiques, qui produisent moins de 5 % des revenus de l’entreprise, selon des sources. Mais les responsables du groupe ont finalement rejeté cette option. À l’heure actuelle, ils se demandent s’ils doivent suivre le récent changement de politique de Twitter pour interdire les liens vers des documents piratés, selon Reuters. Il faut, toutefois, noter qu’une interdiction générale du contenu piraté limiterait l’exposition à d’autres documents qui, de l’avis de certains, servent l’intérêt public, à l’instar des « Panama Papers », qui, en 2015, ont rendu public le recours massif aux paradis fiscaux offshores institué par les riches de ce monde.

Source : Reuters

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